Les collectors / Dossier n°2 : NORTON COMMANDO 850 MK III 1977

  NORTON : une marque universellement connue… La Commando…L’archétype de la moto anglaise !

 

         
   

 

Cette machine  est la propriété d’un amateur depuis plus de trente ans. Achetée neuve chez un concessionnaire de la marque, elle a depuis parcouru quelque 65000 Km, n’a jamais été restaurée et se trouve aujourd’hui dans un très bon jus (presque) d’origine. Seuls les silencieux (justement trop silencieux !) et l’allumage ,remplacé par un Boyer Electronic (ne nécessitant aucun entretien) ne sont plus ceux montés à l’usine …

Petit détail :le démarreur électrique Lucas n’a jamais fonctionné correctement …Normal disent les Anglais c’est un Lucas !

Lucas  (surnommé Outre-manche le Prince des Ténèbres, on devine pourquoi !) était le fournisseur, quasi-exclusif, de toute l’industrie automobile et motocycliste britannique en matériels électriques tels que dynamos, feux, phares… et démarreurs !

Message reçu : il ne faut pas compter sur le démarreur électrique !!! Alors Il reste le kick… et nous allons démarrer à l’ancienne… Suivons consciencieusement la « check list » du cérémonial de démarrage : ouvrir le robinet d’arrivée d’essence, appeler l’essence en titillant le bouton de chacun des carbus, tourner franchement la poignée de gaz, et la maintenir (peut-être pas à fond mais presque) et donner deux vigoureux coups de kick. Voilà un bon pas de fait vers le lancement de ce twin ; quoique le plus difficile reste à venir. Et c’est là que l’on va distinguer l’amateur aguerrit du novice… Encore un petit coup sur le kick pour placer les pistons en début de compression (les initiés comprendront !) et là CONTACT : on tourne la clé et deux voyants s’éclairent, un rouge (témoin de charge/pression d’huile) et un vert (point mort). Selon l’hygrométrie et surtout la température ambiante on pourra jouer du volet d’enrichissement… avant de donner un vigoureux coup de pied sur le kick, ni plus ni moins qu’un transfert de masse en pesant du poids de tout son corps, mais sans déséquilibrer la machine pour autant, tout en accompagnant le mouvement sur toute la course de cette pédale et ce en dosant subtilement les gaz depuis la poignée d’accélérateur (ni trop, ni pas assez, sous peine de caler !)… Du grand art, et l’on était prévenu : c’est là qu’à l’œil nu on distingue à coup sûr le pro de l’amateur ! Le moteur tourne… le bruit est magnifique : inimitable , sourd et profond ; merci Mr Dunstall ! Après quelques minutes, je ramène la poignée d’accélérateur et le compte-tours révèle un ralenti aux environs de 900 t/m.
Le sol vibre sous la moto ; une sensation inconnue des amateurs de japonaises !! Maintenant roulons. J’enclenche la première vitesse en appuyant sur le sélecteur à pied. La boîte à vitesses est douce et silencieuse, la poignée d’embrayage est ferme. Les freins AV comme AR (à disques) déroutent un peu : le freinage n’est pas en phase avec l’effort fourni sur la commande… Les ralentisseurs (le mot frein devient impropre ! ) déçoivent accusant leur presque 40 ans ! Il faudra anticiper dans la circulation moderne… pour qui a goûté du freinage moto des années 2000 ! Mais ce moteur quelle merveille !! Il délivre une accélération franche (le célèbre coup de pied au cul des motos anglaises) et dans un ramage qui, me semble-t-il, se rapporte largement à son plumage… et me voilà télé transporté à l’Ile de Man, en plein Tourist Trophy ! Je vais pouvoir en remontrer à messieurs Surtees, Hartle, Hocking, Brown… mais pas de chance… DAMNED ! j’ai oublié mon Cromwell…